06 novembre 2007
Barcelone ou la mort...
Barcelone ou la mort...
Vidéo envoyée par simbadfilms
Documentaire 52 minutes Réalisation et images: Idrissa guiro Montage: Thomas Lallier Production: Valentine Bortot / Simbad films
1ere Diffusion le dimanche 25 novembre sur France Ô
Depuis janvier 2006, plus de 25 000 clandestins ont rejoint les îles espagnoles des Canaries en partant des côtes sénégalaises et mauritaniennes. 3000 personnes y ont laissé leur vie. Un nombre important des ces jeunes vient de Thiaroye, une commune de pêcheurs de la banlieue de Dakar, d’où sont organisés des départs. 1 400 kilomètres au cœur de l’Atlantique. Dans le meilleur des cas, ils passent cinq jours et cinq nuits à braver la tempête, entassés par cent sur une pirogue de 12 mètres. Dans le pire des cas, le voyage se termine par la mort. A Thiaroye tout le monde connaît désormais les risques.
Pourtant, les candidats sont toujours plus nombreux et les jeunes ne parlent plus que de Las Palmas de Canarias, première étape vers Madrid ou Barcelone. Des dizaines de sénégalais meurent quotidiennement dans l’anonymat le plus complet des eaux de l’Atlantique. Des destins, des histoires intimement liées à l’histoire de ma famille et à ma propre vie entre l’Afrique et l’Europe.
Entre Dakar et Paris. Mon grand-père est venu participer à la seconde guerre mondiale en Europe, mon père et plusieurs de mes oncles ont émigré en France dans les années soixante-dix, une situation fréquente dans de nombreuses familles sénégalaises. L’immigration a toujours fait partie de la vie du pays mais son histoire a pris un tournant dramatique. Devenue clandestine, elle est passée d’une situation relativement isolée à un phénomène de masse qui prend chaque jour plus d’ampleur.
La nouvelle génération est aujourd’hui prête à risquer la mort pour rejoindre l’Europe. Thiaroye Lors du tournage du film, j’ai découvert un quartier de la banlieue de Dakar que je ne connaissais que de nom, l’un des plus pauvres, Thiaroye-sur-mer, dont le nom pourrait sonner comme celui d’une petite ville pour retraités de la côte normande. Mais Thiaroye est tout autre chose. Cinquante pour cent de la population de ce village de pêcheurs a moins de 20 ans. Une jeunesse qui rêve de construire le futur de son pays. Mais de désillusion en désillusion, la construction de son avenir semble ne plus s’envisager que par la case Europe. La case Ailleurs.
L’émigration en pirogue y touche aujourd’hui chaque famille. Tous les jeunes souhaitent partir. Les habitants vivaient autrefois de la pêche au thon, « l’or bleu » du Sénégal qui, depuis les années 80 et grâce à des accords de pêche, est prélevé en grande majorité par la Communauté européenne. Ne pouvant plus vivre de leur pêche, beaucoup ont renoncé à une activité millénaire. Ils utilisent désormais leur propre pirogue pour tenter de rejoindre l’Europe.
Cette situation absurde met en lumière l’incohérence des lois européennes en matière de « partenariat » de développement et d’immigration. Au cœur de ces enjeux politique et financier se retrouve une jeunesse coincée entre la tradition et la modernité, entre le rap et la pêche, l’adolescence et l’âge adulte. Une jeunesse un peu paumée mais bien déterminée à réussir. Un rêve commun habite tous ces jeunes : partir à n’importe quel prix. Un sentiment résumé par une phrase que l’on entend à Thiaroye à chaque coin de rue : « Barça ou Barzakh » en wolof, « Barcelone ou la mort ». Dans certains quartiers, plus de deux cents jeunes sont déjà morts. N’y a-t-il plus aucun espoir en l’Afrique dans l’inconscient collectif de la jeunesse?
Aujourd’hui les jeunes Thiaroyois ont décidé d’abandonner la pêche et de quitter le pays. En confiant leur vie à des pirogues, s’inscrivent-ils dans une logique de suicide collectif, ou au contraire, le voyage représente-t-il un ultime acte de bravoure et une démonstration de leur rage de vivre ?
L’or Bleu
Depuis de nombreuses générations, les pêcheurs lancent leurs filets dans les eaux du littoral atlantique qui s'étend sur 2 000 km du Maroc à la Guinée-Bissau, et qui représente l'une des dernières grandes réserves de pêche du monde. Les pêches y ont été abondantes, mais la présence accrue de chalutiers étrangers, venus notamment d'Asie et d'Europe, a entraîné une diminution des réserves de certaines espèces courantes. Ce qui laisse penser que la subsistance des artisans pêcheurs et le développement durable d’un secteur économique majeur sont désormais menacés.
L’importance socio-économique de la pêche au Sénégal n’a cessé de croître depuis les années 80 avec le déclin des activités agricoles dû en partie à la sécheresse. En effet, la pêche joue un rôle majeur dans l’absorption du chômage et la satisfaction des besoins alimentaires. Dix sept pour cent de la population active, soit un Sénégalais actif sur six, travaillent dans le secteur de la pêche ou dans les activités qui lui sont liées. C’est la première ressource de devises du pays mais sans véritable gestion de cette ressource, il pourrait rapidement ne plus y avoir de poisson.
L’Europe a signé des accords avec le Sénégal pour prélever le poisson. Les Sénégalais ne disposent pas de bateaux assez gros pour rivaliser, ils n’ont jamais vu la couleur des « transferts de compétences » et de la construction d’usines modernes prévus dans ces accords. Par ailleurs, beaucoup de navires étrangers viennent pêcher clandestinement au large des côtes sénégalaises sachant que peu de moyens sont mis en œuvre pour les en empêcher et qu’il est facile de corrompre les autorités.
Eldorado. On entend fréquemment dire en France que l’Europe est un eldorado illusoire et que la vie est encore plus dure pour les immigrés, une fois arrivés en Occident. Mais ne faut-il pas rappeler qu’un éboueur en France donne à sa famille, par ses sacrifices, souvent plus d’argent qu’un professeur ou un ingénieur resté au pays. Chaque année, les sénégalais de l’extérieur envoient des millions d’euros à leur famille. En Afrique, les fonds envoyés par les travailleurs émigrés, clandestins ou non, sont d’un apport inestimable. Selon les Nations Unies, entre 2000 et 2003, près de 17 milliards de dollars ont été rapatriés en Afrique par des travailleurs vivant à l’étranger. Cette somme est supérieure au montant que perçoit le continent au titre des investissements étrangers directs. Cet argent qui revient vers le sud continue d’alimenter le rêve occidental en créant des nouvelles vocations d’« aventuriers », comme on appelle les clandestins en Afrique francophone. Les familles de pêcheurs les plus pauvres n’encouragent même plus leur enfant à faire des études tant les débouchés sont économiquement faibles au Sénégal. Est-il plus rentable de « miser » sur un enfant qui arrive à rejoindre l’Europe pour être ouvrier agricole en Espagne ou vendeur à la sauvette au Trocadéro, ou de l’encourager à faire des études dans un pays où la pêche ne rapporte plus et où chôment de nombreux diplômés ?
Lors de plusieurs voyages effectués en Afrique noire au cours des dix dernières années, j’ai rencontré de nombreux clandestins aux destins improbables et aux histoires les plus folles. A Adis Abeba, Agadez, Lagos ou Dakar…, des jeunes ont tout laissé pour « monter » en Europe. Le phénomène sénégalais n’est pas isolé. C’est toute la jeunesse africaine qui souhaite partir en Occident alors que les Etats tardent à s’organiser pour trouver des solutions à long terme. Sans perspective locale et sans moyen d’obtenir un visa par la voie légale, cette émigration ne peut qu’exploser dans les prochaines années. Cela apparaît inévitable car les jeunes sont désormais prêts à tout pour quitter un quotidien où chacun de leurs projets avorte en raison du chômage et de la précarité. Et lorsqu’on est prêt à mourir, ni l’océan ni les hélicoptères ne peuvent vous arrêter. Ce départ permet de se projeter dans l’avenir. Au-delà de l’aspect purement économique, il est parfois entrepris comme un véritable rite initiatique où l’on prend son envol pour devenir un homme.
Dès lors que l’on est en Europe, même si l’on gagne très peu au regard des standards européens, on est souvent le principal soutien financier de la famille, on peut se marier, on devient quelqu’un. Les mouvements de populations et les rapports Nord/Sud vont être au cœur d’enjeux planétaires cruciaux au 21ème siècle. Sans véritable connaissance des réalités locales, cette gestion des flux migratoires sera à long terme un échec pour le nord comme pour le sud. Il s’agit dans ce film documentaire, de s’intéresser avant tout à la jeunesse pour essayer de comprendre comment l’émigration est vécue depuis les pays du sud et quel rôle tient ce phénomène dans la construction du projet d’avenir de cette nouvelle génération ?
03 novembre 2007
Un film à la gloire des pères invisibles d'un quartier
Le titre emprunté à Pagnol résume assez bien le projet. «La gloire de nos pères»,
film documentaire, retrace l’itinéraire d’une dizaine de pères immigrés
du quartier populaire Mermoz, à Lyon. Il veut recueillir la mémoire de
ces hommes discrets, ces «ombres sans écart», selon le mot de
Daniel Pelligra, anthropologue et cinéaste, qui a recueilli ces récits
d'exil, et ces tranches de vies immigrées en France...
«On voulait faire voir à nos enfants pourquoi on est venu en France et la souffrance qu’il y a eu», résume Abdelhafid Baddredine (64 ans), vice-président de l’association des pères retraités de Mermoz. Sa fille, Dounia (16 ans) est allée voir le film plusieurs fois. Elle a eu l’impression de découvrir son père. «Nous ne parlons pas beaucoup de notre passé à nos enfants», dit-il. Fils d’un petit commerçant algérien, Abdelhafid raconte dans le film qu'il était fils de petits commerçants algériens qui se déplaçaient beaucoup. Des amis immigrés lui avait vanté la France, pays «où l'on s’amuse bien, où il y a du travail, des jeunes filles, la liberté et tout» Il y est venu à 16 ans. Il pensait qu'il y aurait «des femmes et des patrons» à l'arrivée du bateau, à la fin des années 50.
Hamza Khatra, président de l’association, est arrivé quelques années plus tard, en 1963. Il quittait l’Alimentation générale, où il travaillait à Sétif, pour 50 francs par mois, ce qui faisait «deux mois de semoule» pour ses parents. Il a commencé par travailler à Paris, puis à Lyon, pour dépenser moins et continuer d'envoyer de l'argent au pays. Il pensait rester quelques années, comme beaucoup. Comme Fernando Dos Campos, Portugais qui a rejoint la France pour ne pas faire la guerre en Angola.
Les pères parlent assez peu du départ lui-même. Abdelhafid raconte seulement la traversée vers Marseille, sur une chaise pliante, dans une cale pleine. Puis le train pour Lyon et la gare Perrache, où il a demandé un quartier dans lequel il pourrait «trouver des Arabes». En deux jours, quelqu'un lui a trouvé un matelas, puis un travail. Il décrit cette première journée sur un chantier pour Pitance, vieille maison lyonnaise. La pelle qui rebondissait sur le sol.
Le dispositif filmique est des plus simples. Une caméra fixe et des récits successifs en gros plan, avec le grain du papier peint blanc, derrière, pour unique décors. Le montage est sommaire, un peu cavalier parfois dans sa façon de couper la parole pour reconstituer le récit. Le reste du temps, l'intérêt et parfois la force résident dans les mots et les (trop) rares silences.
Abdallah Lounisi parle de ce pays où il est resté. Il le trouve «formidable». D'une voix égale, il ajoute qu'il a trouvé en France «la stabilité, la justice», mais «pas beaucoup d'égalité». Tous ont trouvé en quelques jours de quoi gagner leur vie, dans les chantiers, la fonderie, etc. «On travaillait à l’époque des soixante-dix heures par semaine», raconte Saïd, cousin d'Abdallah, né en 1939 dans les Aurès, arrivé comme beaucoup avec une carte marquée «indigène».
Ces nouveaux venus, ont vécu le temps des garnis, des gourbis entre Rhône et Saône. Ils en parlent assez peu dans le film, ne se plaignent guère. «Il aurait fallu des heures, sourit Hamza, qui se souvient «des caves à dix dans une pièce, des cabanons à Gerland, sans chauffage ni lumière, avec l’eau qu’on allait chercher dans le Rhône.» Abdelhamid a une autre explication. «Nous les vieux, on a peur, dit-il vers la fin du film. On est des poules mouillées, les vieux. On a été élevés par le colonialisme, ça fait qu'on a peur de la police, de çi, de ça.»
Saïd Lounisi est un autre personnage fort du film. Berbère, il ne parlait que français et Chaouïa en arrivant en France. Les foyers et le repli entre soi lui ont appris l’arabe en France. Puis il s'est syndiqué, et s'est retrouvé seul Algérien dans une entreprise. «C'est une chance qui fait que je me suis complètement intégré», dit-il. Ses huit enfants vivent en Algérie, où ils sont gynécologue, ingénieur, inspecteur du travail, etc. «Je n’ai pas eu la chance de faire d’études,dit le père. Mais je me suis fait un but, c’est d’éduquer les enfants. Sans éducation, on n’est rien.»
Des jeunes, les autres ne voient souvent que ceux «qui glissent» dans la rue. «Qui boivent des bières et fument du hashish jusqu’à deux heures du matin.» Les vieux assurent qu’on ne peut «rien leur dire». Déjà ,à ses propres enfants, c’est parfois difficile. Abdelhafid en veut aux assistantes sociales qui expliquaient devant les petits comment les éduquer, les habiller, les faire manger. «Quand ils arrivent à 13 ou 14 ans, ils commencent à se sentir barbeaux, à rouler des mécaniques. On peut plus rien faire pour eux.»
Le réalisateur a choisi de filmer ces hommes au centre social, pas dans un univers plus intime. Les femmes restent du coup totalement absentes. Ils n'en parlent quasiment pas, seulement pour évoquer les mariages arrangés par la famille. Abdelhafid Baddredine raconte qu'il avait seulement négocié avec son futur beau-père une après-midi pour faire connaissance avec sa future épouse, mariée alors qu'il vivait déjà en France. Il l'avait amenée au cinéma, voir Les Centurions, avec Alain Delon. Un film d'action qui se déroule pendant la guerre d'Algérie. Il dévoile ses dents en or pour en sourire, quarante ans plus tard. Plusieurs enfants ont appris dans ce film comment leurs parents s'étaient rencontrés.
Dans l’ancienne chaufferie où les pères jouent aux dominos, au cœur
du quartier Mermoz, Hamza Khatra regarde ses mains lorsqu'il parle de
ses enfants, et de tout ce qu'il ne leur avait pas raconté. «Normalement,
à 10 ou 12 ans, tu devrais leur raconter ton passé, d’où tu viens. Mais
nous, c’est resté prisonnier dans nos cœurs. On partait à 5h, on
rentrait tard, épuisés. C’était rare qu’on mange ensemble. Maintenant,
on voudrait s’excuser, leur expliquer qu’on était trop occupés à les
faire manger. On voit nos défauts, mais comment réparer ?»
Un deuxième projet a été lancé par l’association, avec l’aide du centre
social. Un nouveau documentaire, qui cette fois mettrait en scène des
pères et leurs fils.
Ol.B.
Où voir la Gloire de nos pères
http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2007/11/un-film-la-gloi.html
31 octobre 2007
Le Premier cri - Film -
Le Premier cri
Vidéo envoyée par gotti57
C'est l'éblouissante histoire vraie du tout premier cri de la vie, celui que l'on pousse quand on naît et qui scelle notre venue au monde.
La naissance sur grand écran à l'échelle de la planète.
Contraste des terres, contraste des peuples, contraste des cultures pour le plus beau et le plus insolite des voyages.
Dans un intervalle de 24 h sur la Terre, le destin de plusieurs personnages se croise dans un moment unique et universel : la mise au monde d'un enfant.
Avec ses personnages réels, ce film retrace l'instant magique des premiers balbutiements de la vie et explore les univers de la naissance, aussi variés que nous sommes différents.
Le tournage qui a eu lieu sur les 5 continents, des dernières zones encore sauvages aux lieux les plus urbanisés, a duré 1 an.







