infos diverses - Droits de l'Homme -

Le blog d'infos de Geneviève

26 novembre 2007

Paris, 1er décembre : Les Rroms (se) manifestent

Aujourd’hui comme en juillet 2004, les Rroms de Roumanie, de Bulgarie,  de Hongrie... ont décidé de manifester, malgré la peur dans laquelle ils vivent au quotidien. Après des actions-occupations en octobre dernier  en direction de bureaux de l’ANAEM (ex Office des Migrations Internationales) de la région parisienne, après une manifestation à  Saint Denis... ils sont de nouveaux dans la rue pour exprimer leurs  colères.

Ils sont devenus de la chair à expulsion pour le gouvernement français.  A plusieurs reprises, Brice Hortefeux a déclaré que l’entrée de ces  pays dans l’Union européenne compliquait la réalisation de ses objectifs d’expulsions, chiffrés à 25 000 par an.
En effet en 2006 ces populations ont représenté 25% des expulsés, 6.000 d’entre eux. Ce chiffre n’a pu être atteint que parce que certains ONT ETE EXPULSES A PLUSIEURS REPRISES et sont revenus, comme ils en ont le droit depuis l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union Européenne.
Même ressortissants de l’Union européenne, l’Etat français les empêche  de travailler légalement en France en rendant quasi impossible l’obtention d’autorisations de travail. Condamnés alors à la pauvreté, ils se retrouvent dans des bidonvilles sans accès aux minimums vitaux (eau, électricité, sanitaires...) d’où l’on continue à vouloir les expulser sans arrêt, justement en tant que pauvres ou dépendant du système social.

Depuis cet été, on assiste à une accélération d’expulsions collectives  et expéditives par bus, le 26 septembre à Bondy, le 10 octobre à Saint-Denis, le 17 octobre à Bessancourt, le 24 à Bagnolet...
A chaque  fois l’Etat, via les forces de police et l’ANAEM, orchestre des pseudos  « Retours humanitaires et volontaires » : propositions à accepter sous  la pression, menace en cas de refus d’être envoyé en prison, obligation  de quitter le territoire remise lors de l’intervention policière sans possibilité d’exercer le recours suspensif prévu par la loi, absence  dans la majorité des cas de traducteurs...

MANIFESTATION SAMEDI 1er DECEMBRE 14 h Place Denfert Rochereau M°Denfert Rochereau

Les Roumains et les Bulgares sont les banlieusards de l’Europe.
L’élargissement de l’Europe, avec l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie le 1er janvier 2007, a marqué une nouvelle étape.
Ce dernier mouvement d’extension, présenté par toute l’élite proeuropéenne comme  un progrès autant inéluctable que souhaité, n’est pourtant accueilli  par ces mêmes élites qu’avec menaces et restrictions envers nos nouveaux compatriotes européens.

L’attitude du gouvernement français entérine une Europe à plusieurs zones. La première avec tous les droits de circulation, d’installation  et de travail : Les 15 anciens (Autriche, Danemark, Royaume-Uni, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Portugal, Suède), plus  Chypre et Malte. La seconde, les 8 nouveaux de 2004 toujours soumis à  la carte de séjour pour pouvoir travailler (Estonie, Hongrie, Lettonie,  Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie). Une  troisième zone a été créée artificiellement. La Roumanie et la Bulgarie  sont soumises aux mêmes lois que les huit nouveaux de 2004 mais l’acharnement dont font l’objet leurs ressortissants les place de fait dans cette troisième zone.

Des banlieues de l’Europe à la banlieue parisienne, les comités de soutien du 93 (Bagnolet, Montreuil, Saint-Denis, Saint-Ouen...) n’admettent pas qu’il y ait en France des habitants de seconde zone et nous continuerons à nous battre contre ces inégalités.

Non aux rafles et aux expulsions de terrain Non aux expulsions hors de France    Non aux expulsions intracommunautaires Des papiers pour tous les sans-papiers

Les soutiens de Saint Denis, Saint-Ouen, Bagnolet, Montreuil, du Val d’Oise...
rom93@no-log.org

Source/auteur : Mailing
http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=12738

Posté par Geneviev à 11:20 - Roms - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


25 novembre 2007

ROMS - soutien à Nicolas par notre présence : rendez-vous devant le tribunal de Béziers le 27 Nov à 14 H

"La solidarité n’est pas un délit !"
Béziers (34) Nicolas Moiroux passera en jugement pour outrage et rébellion le samedi 27.11

   

 

Daniel Mermet avait consacré une émission de "Là-bas si j’y suis" sur les enfants Roms de Béziers, toujours disponible en téléchargement
(Cliquer sur le dernier onglet de la liste "Les Roms de Béziers", 42mn")


Ce message est un appel à soutenir un ancien membre de la FCPE 34.

Avant son départ pour l'Ile de La Réunion, Nicolas Moiroux était administrateur départemental de la FCPE, et ce depuis le 21 mai 2005. Il était plus particulièrement chargé des relations avec le Réseau Education Sans Frontières. Lorsque la mairie de Béziers a refusé d'inscrire à l'école des enfants Roms, nous lui avons demandé de prendre en charge ce dossier. Ce qu'il a fait.

Pour un procès indépendant de la scolarisation des enfants, le 23 mars, Nicolas qui connaissait bien ces familles, était devant les grilles du palais de justice de Béziers afin de les soutenir. Il s'est interposé entre les CRS et les familles de Roms et a été arrêté, menotté et mis en garde à vue.

Nicolas était alors salarié de l'ABCR (association biterroise contre le racisme) où il était aussi chargé de la scolarisation des enfants Roms. Il assistait les familles Roms dans le cadre de son travail.

Vous pouvez lire son témoignage en suivant le lien : http://www.egaltraitement.net/modules/xfsection/article.php?page=1&articleid=64



Nicolas Moiroux passera en jugement pour outrage et rébellion
au
Tribunal de Béziers le 27 novembre à 14 heures.

Remarque : il se peut que son jugement soit reporté mais rien ne l'indique pour l'instant.   Il nous a semblé important de vous en informer dès maintenant.  Un message pour confirmer la date du jugement vous sera envoyé vendredi 23 novembre 2007.

Il est important de marquer notre soutien à Nicolas par notre présence : rendez-vous donc devant le tribunal de Béziers.

PS : les adhérents qui pourraient venir soutenir Nicolas peuvent nous contacter afin de s'organiser (notamment en co-voiturage).

Cordialement,

Fabienne Grisvard.


Pour information : vous pouvez retrouver des informations sur la difficulté à scolariser les enfants roms à Béziers en suivant ce lien : http://www.fcpe34.org/article.php3?id_article=1896&

-- 

Posté par Geneviev à 19:12 - Roms - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 novembre 2007

Lettre ouverte aux Parlementaires :Accord franco-roumain relatif à une protection des mineurs roumains isolés ...

Action collective

Lettre ouverte aux Parlementaires

Accord franco-roumain relatif à une protection des mineurs roumains isolés et à leur retour dans leur pays d’origine

 

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Un nouvel accord entre la France et la Roumanie concernant la situation des mineurs isolés roumains, signé en février 2007, va très prochainement vous être soumis pour ratification.

Nous souhaitons attirer votre attention sur les risques que la mise en œuvre de cet accord ferait peser sur la sécurité et le bien-être de ces enfants, en dérogeant aux principes des dispositifs de protection des mineurs.

Depuis 2002, la France rapatrie des mineurs roumains vers leur pays d’origine en application d’un précédent accord. Or, nous avons pu constater que :

  • la plupart des mineurs rapatriés n’ont bénéficié d’aucun suivi après leur retour, contrairement à ce qui était prévu dans l’accord ;
  • certains de ces mineurs rapatriés sont ensuite repartis à l’étranger dans des conditions dramatiques (prostitution, maltraitance, …) ;
  • aucune évaluation n’a été réalisée sur la situation des jeunes après leur retour en Roumanie, malgré les bilans d’étape prévus par le texte.

Non seulement le nouvel accord qui vous sera soumis ne corrige pas ces graves défauts mais, de plus, il revoit à la baisse certaines garanties fondamentales encadrant jusqu’ à présent le retour de l’enfant isolé. Il prévoit en effet :

  • la suppression de la demande d’évaluation préalable au retour du mineur ;
  • la suppression de la saisine systématique du juge des enfants, ce qui laisse au parquet la possibilité d’organiser le retour du mineur en l’absence de toute procédure contradictoire.

L’expérience démontre que lorsqu’un jeune roumain retrouve dans son pays d’origine les mêmes conditions que celles qui ont provoqué son départ, il repart souvent très rapidement vers la France ou vers un autre pays européen, ceci parfois même sous la contrainte de sa famille ou des adultes censés l’accueillir, compromettant gravement sa santé, sa sécurité et son développement.

Le dispositif de protection de l’enfance en Roumanie n’est pas en mesure d’agir efficacement dans ce type de situation. Même si nous avons la conviction que la Roumanie a la volonté et la capacité de se doter d’un système de protection de l’enfance à la hauteur des exigences européennes, et malgré ses progrès évidents en la matière, il reste toutefois encore du chemin à parcourir – il n’existe par exemple qu’un seul tribunal pour enfants aujourd’hui - avant que ce pays ne soit à même d’assurer une protection et une réinsertion de tous ces mineurs sur l’ensemble de son territoire.

Un retour mal préparé est donc contre-productif, voire dangereux.

Chaque situation nécessite une vraie période d’évaluation afin de déterminer avec précision si un retour est envisageable dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Dans certains cas, l’installation en France s’impose. Si un retour est envisagé, les étapes clés de sa réussite sont :

  • l’organisation d’un entretien avec le jeune pour comprendre son parcours, les raisons de son départ, sa motivation, ses capacités ;
  • la prise de contact avec sa famille au pays ;
  • une évaluation sociale au pays, complète et rapide ;
  • la préparation d’une reprise de scolarité ou de formation ;
  • l’adhésion du jeune au projet, et l’implication des parents le cas échéant ;
  • une validation du projet par le juge des enfants en fonction de l’intérêt de l’enfant ;
  • un suivi post-retour par des services sociaux et/ou une ONG.

La France s’est fixé le devoir de protéger tous les mineurs présents sur son territoire, quels qu’ils soient, et d’où qu’ils viennent. Leur renvoi dans les conditions prévues par ce nouvel accord signifie de manière claire l’abandon de ce devoir de protection. Cet accord ne doit pas devenir un moyen de contourner la protection accordée aux mineurs contre les mesures d’éloignement.

En conséquence, nous vous demandons d’une part, de ne pas ratifier ce nouvel accord qui est inacceptable en l’état, n’offrant pas les garanties minimales de protection de ces mineurs isolés et d’autre part, d’obtenir en préalable à tout nouvel accord une évaluation qualitative sérieuse du précédent dispositif.

Seul un vrai bilan qualitatif de l’accord existant, portant notamment sur la situation des mineurs retournés en Roumanie, permettra d’envisager un nouveau dispositif respectueux des droits de l’Enfant.

Nous vous prions de croire, Madame la Députée, Monsieur le Député, à l’assurance de notre haute considération.

Paris, le 12 novembre 2007

Signataires :

ALC Nice, Amicale du Nid, APDHA, Association Contre la Prostitution des Enfants, Association Française des Magistrats de la Jeunesse et de la Famille, Auteuil International, Arc 75, Asav, Aset, Cimade, Comité d’Aide Médicale, Défense des Enfants International (DEI section française), Enfants du Monde Droits de l’Homme, Ferc, Fnars (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale), Fnasat, Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés, Fondation d’Auteuil, France Terre D’Asile, Gisti, Hors la Rue, Jeunes Errants, Ligue des Droits de l’Homme, Médecins du Monde, MRAP, Remi (Réseau Euro méditerranéen pour la protection des Mineurs Isolés), Réseau Droits des Jeunes, RESF (Réseau Education Sans Frontières), Rime (Rassemblement des intervenants sociaux pour l’insertion des mineurs et jeunes majeurs étrangers), Romeurope, Secours Catholique, Solidarité Laïque, Syndicat de la Magistrature, Themis.

Pour en savoir plus sur le sujet, reportez-vous à l’analyse de l’association Hors la Rue


http://www.gisti.org/spip.php?article1024

_______________________________________________

Posté par Geneviev à 15:17 - Roms - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 novembre 2007

A quand la fin des expulsions et dispersions des Rroms atteints de tuberculose ?

Paris, le 5 novembre 2007

Dans la région parisienne, les conditions de vie déplorables auxquelles les Rroms sont condamnés les exposent fortement à des risques sanitaires notamment de tuberculose. Par ailleurs, les expulsions incessantes et répétées dont ils sont victimes conduisent à la rupture des soins et traitements en cours.

Nous en voulons pour exemple le cas de Villabé (91) où vivent environ 150 personnes sur 2 terrains. En octobre 2007, dès le premier cas de tuberculose identifié, une mobilisation exemplaire a permis de dépister sur le premier terrain de nombreux cas suspects, certains étant contagieux et d’autres présentant des infections latentes.

Sur le deuxième terrain vivent quatre anciens patients suivis pour tuberculose à Réau en Seine-et-Marne en décembre 2006 puis perdus de vue suite à leur expulsion. Le préfet avait alors refusé le renouvellement des autorisations de séjour pour soins demandées par la DDASS, laissant les malades sans suivi et sans traitement.

En dépit de cette expérience catastrophique, une nouvelle expulsion-dispersion est à l’ordre du jour à Villabé et des malades contagieux vont encore une fois être abandonnés. En effet, malgré les risques sanitaires communiqués à la préfecture, la pression conjointe du maire et de la gendarmerie est à l’œuvre pour inciter les Rroms à quitter très rapidement leurs lieux de vie.

Une fois de plus nous dénonçons vigoureusement cette politique d’expulsion systématique qui conduit à de graves conséquences sanitaires individuelles et collectives, notamment face au cas de tuberculose en cours.

Pour limiter la propagation de la tuberculose et permettre le traitement des patients, il est impératif que les Préfectures :

    * Fassent cesser la pression policière qui provoque le départ précipité de familles potentiellement contagieuses,

    * Délivrent les autorisations de séjour pour soins prévues par la loi

* Suspendent toute expulsion pour permettre aux populations de se maintenir dans un lieu de vie stable pendant toute la durée du traitement

    * Respectent le travail des professionnels de santé.

Source/auteur : http://www.medecinsdumonde.org

Posté par Geneviev à 14:11 - Roms - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 novembre 2007

Rome se ferme aux Rom

Reportage . Valses-hésitations politiques et relents racistes se poursuivent à Rome dix jours après le décret sur l’expulsion d’étrangers appartenant à l’Union européenne.

Rome, correspondance particulière.            

Dans le campement rom de Tor de Cenci, aux portes de la capitale italienne, sur la route menant à la mer, les autorités municipales viennent de terminer le recensement. Pour 140 personnes ayant le droit de vivre dans ce camp aménagé, avec eau courante et chauffage dans des préfabriqués concédés par la mairie, ils sont désormais 350. Les 210 derniers arrivés, surtout des familles nombreuses de Rom, seront délogés. L’évacuation est annoncée pour la première fois. Pour eux va donc commencer la galère des campements de fortune qui surgissent un peu partout dans la ville. Sur la grève du Tevere et de l’Aniene, en plein centre ou en périphérie. Pour se protéger du froid : couvertures, carton, tentes de camping. Avant d’être à nouveau délogés, généralement suite aux protestations des voisins.             

la plus grande communauté d’étrangers en Italie             

« Nous n’avons rien fait, pourquoi ils nous délogent à nouveau ? », se demande une mère avec quatre enfants, obligée de ramasser ses pauvres affaires et de quitter un campement en banlieue. Elle et ses enfants en sont au troisième déménagement en deux mois. Ils sont Rom de Roumanie. Marcel, son mari, travaille en Italie depuis trois ans, comme ouvrier à la journée dans le bâtiment : le matin il se lève à 4 heures pour aller chercher du boulot aux points de rencontre, là où les petits patrons viennent recruter la main-d’oeuvre au plus bas prix : 30 ou 40 euros pour douze heures, au noir. « J’ai pris le risque de faire venir la famille cette année, car nous sommes finalement en Europe », dit-il, évoquant l’entrée de son pays dans l’Union. « Mais je crains qu’ils ne doivent repartir car on n’a pas les moyens… »            

D’après la Caritas, la plus puissante des organisations catholiques de solidarité, à côté des 6 500 Rom et Sinti de différentes nationalités qui vivent dans les camps autorisés, 5 000 à 6 000 personnes survivent à Rome dans des campements précaires : des immigrés venus surtout de l’Est, dont les Roumains arrivés en nombre après l’adhésion de la Roumanie à l’UE qui forment désormais la plus grande communauté d’étrangers en Italie. Certains d’entre eux vivent de petits délits et larcins. Les jeunes Roumains, parfois, se montrent très violents. Or, la droite fait campagne depuis toujours sur l’insécurité et la peur de l’étranger. « Nous avons déplacé plus de 5 000 personnes ces dernières années », déclare Walter Veltroni, le maire de Rome, qui vient d’être élu secrétaire général du Parti démocrate issu de la fusion d’anciens communistes (DS) et centristes, successeur désigné de Romano Prodi à la tête d’une coalition de centre gauche qui pourrait changer de visage.            

C’est dans un de ces camps, à Tor di Quinto, sur la rive du Tevere, qu’avait trouvé refuge le jeune Roumain d’origine Rom arrêté pour le viol présumé et le meurtre de Giovanna Reggiani, une femme de quarante-sept ans massacrée il y a dix jours alors qu’elle rentrait chez elle. Immédiatement le camp a été démantelé par la police sur décision de Veltroni et du ministère de l’Intérieur, en une action de représailles visant non pas l’assassin, mais ses concitoyens. D’autres campements ont été par la suite démantelés à Rome dans une atmosphère marquée par une montée alarmante de sentiments xénophobes, jusqu’au raid raciste contre trois Roumains à Tor Bella Monaca, une autre banlieue de Rome : l’une des victimes a été grièvement blessée à coups de couteau ; les agresseurs seraient d’extrême droite. Ainsi la haine de l’autre prospère. Les groupuscules néofascistes se réorganisent avec pour mot d’ordre de « chasser les étrangers », peint sur les murs de certaines banlieues autrefois ancrées à gauche. On trouve des menaces proférées contre les « Roumains » et « Tziganes » signées par la croix gammée. Le leader de l’Alliance nationale post-fasciste Gianfranco Fini s’est fait filmer alors qu’il survolait les camps « illégaux » dans un avion privé, nourrissant une polémique avec Veltroni qui venait de visiter un de ces campements. « On ne les visite pas, on les démantèle », a déclaré Fini. Veltroni, en effet, fait l’un et l’autre.             

« éviter d’autres réactions racistes »

La réponse du centre gauche a été de promulguer un décret d’urgence sur l’expulsion des ressortissants de l’Union européenne, traités d’un jour à l’autre comme s’ils étaient devenus extra-communautaires. Une mesure imposée de facto par le maire de Rome et par le ministre de l’Intérieur Giuliano Amato, chef de file de la ligne dure, au président du Conseil Romano Prodi et au gouvernement. C’était justement, a-t-il justifié, pour « éviter d’autres réactions racistes ». D’autres opérations de police, contrôles et évacuations, ont ainsi été organisées un peu partout dans la Péninsule. Des dizaines d’expulsions ont été signées par les préfets. Cette démarche a provoqué une mini-crise diplomatique avec la Roumanie, qui n’a pas envie d’être traitée comme une patrie de délinquants par l’Italie dont les ressortissants sont allés exploiter les industries du pays après 1989. Elle a également mis au jour la faiblesse d’un centre gauche sans perspectives, divisé, et surtout la faiblesse de Romano Prodi.             

Bref, le ministre Amato a dû annoncer qu’il n’y aura « pas d’expulsions massives » (Fini en réclamait 20 000) et le décret que le président du Conseil n’aurait jamais approuvé sans les pressions d’un Veltroni toujours plus encombrant sera modifié sur pression des ministres de Refondation communiste et de la Gauche démocrate (les anciens des DS qui ne sont pas rentrés dans le PD), y compris sur la base d’une directive européenne établissant les droits des citoyens dans les États membres. Le premier ministre roumain Carin Popescu Tariceanu a été reçu à Rome, où Romano Prodi l’a rassuré : ensemble, Italie et Roumanie demanderont à l’Europe de prendre en charge la question des Rom.

Alessandro Mantovani

http://www.humanite.fr/2007-11-09_International_Rome-se-ferme-aux-Rom

Euronews - Uryd - Roms du Kosovo

Posté par Geneviev à 15:50 - Roms - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 novembre 2007

Un ministre roumain envisage l'achat d'un "morceau de désert" pour y envoyer les Roms

Le premier ministre roumain Calin Tariceanu entame, mercredi 7 novembre, une visite de deux jours en Italie destinée à apaiser les tensions que la question de l'immigration a provoquées entre Rome et Bucarest.

Ce déplacement intervient alors que les deux pays tentent de d'arrêter les actes xénophobes visant des immigrés roumains en Italie après le meurtre d'une Italienne attribué à un jeune Roumain d'origine rom, et le décret-loi pris par le gouvernement Prodi afin de pouvoir procéder à des expulsions massives (Le Monde daté 4-5 novembre). "Nous ne voulons pas que ceux qui travaillent honnêtement soient victimes de l'action de la police italienne ou des préfectures", a déclaré M. Tariceanu avant son départ à Rome.

 

POLICIERS À DISPOSITION

Le gouvernement roumain a l'intention de mettre à disposition des autorités italiennes une trentaine de policiers, dont la mission est de freiner la criminalité de la communauté rom en Italie. M. Tariceanu a aussi annoncé l'envoi en urgence de dix magistrats dans les pays de l'Union européenne pour améliorer la coopération judiciaire et pour regagner la confiance de ses partenaires occidentaux.

Cette mission délicate est compliquée par les déclarations du ministre roumain des affaires étrangères, Adrian Cioroianu. Evoquant en direct à la télévision, le 2 novembre, le cas de la minorité rom, M. Cioroianu avait indiqué s'être interrogé, alors qu'il se trouvait au Caire, sur la possibilité d'acheter "un morceau du désert égyptien pour y mettre tous ceux qui nuisent à notre image".

Des associations de défense des droits de l'homme se sont aussitôt solidarisées avec la minorité rom, et ont réclamé la démission du chef de la diplomatie roumaine, qui accompagne M. Tariceanu en Italie.

Mirel Bran

Article paru dans l'édition du 08.11.07.

LE MONDE | 07.11.07 | 14h25  •  Mis à jour le 07.11.07 | 14h25         

BUCAREST CORRESPONDANT

Posté par Geneviev à 18:21 - Roms - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Roms, des Européens expulsés sans répit

Pour un ministre de l’Immigration soucieux de montrer sa fermeté, les Roms sont des clients idéaux. «Ils sont visibles, pauvres, vivent dans des bidonvilles, ne sont pas défendus par leurs pays d’origine – quand on les expulse, la Roumanie et la Bulgarie ne protestent jamais –, ils se laissent expulser sans problème selon la police et ils n’engagent pas de contentieux», affirme Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des droits de l’homme (LDH). Brice Hortefeux peine à réaliser l’objectif des 25 000 reconduites à la frontière pour 2007 que lui a assigné Sarkozy ? Pas d’angoisse, les Roms peuvent l’y aider.

 

En théorie, les Roumains et Bulgares ont le droit de séjourner librement sur le territoire d’un autre Etat membre de l’Union européenne pendant trois mois. Les seules restrictions apportées sont «d’ordre public, de sécurité publique ou de santé publique». Au-delà des trois mois, il leur faut travailler ou apporter la preuve qu’ils disposent de ressources suffisantes. Dans le cas des Roms, «les préfectures ne vérifient même pas la date d’entrée», affirme Malik Salemkour.

Lundi, la LDH et le collectif Romeurop ont dénoncé «les retours humanitaires forcés». Dans trois communes de Seine-Saint-Denis (Bondy, Saint-Denis et Bagnolet), la police a investi des terrains occupés par des Roms bulgares ou roumains, les a fait monter dans des bus, et leur a «proposé» une expulsion immédiate avec aide au retour. A leur arrivée, des chèques de 153 euros pour les adultes et de 46 euros pour les enfants leur ont été remis. Cette aide au retour est légale, mais elle est censée être distribuée sur des bases réellement volontaires, les familles capables de présenter un projet économique pouvant recevoir une somme supplémentaire de 3 600 euros (Libération du 5 novembre).

Une fois les 153 euros reçus, que font les Roms ? Une bise à la famille, et retour. «Un billet de car jusqu’à Paris coûte 120 euros. Plus d’un tiers des familles expulsées reviennent dans le mois qui suit grâce aux 153 euros», affirme Malik Salemkour. Ce même lundi, Médecins du monde a demandé l’arrêt des expulsions des Roms, rappelant que «les conditions de vie déplorables auxquelles ils sont condamnés les exposent fortement à des risques sanitaires, notamment la tuberculose», et que les «expulsions incessantes et répétées dont ils sont victimes conduisent à la rupture des soins et traitements».

 

CATHERINE COROLLER

QUOTIDIEN : mercredi 7 novembre 2007
http://www.liberation.fr/actualite/societe/289703.FR.php

 

Posté par Geneviev à 11:28 - Roms - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 novembre 2007

Roms, un retour au pays difficile

Les aides financières, notamment françaises, sont peu efficaces.

lundi 5 novembre 2007

"Les moutons ? Malheureusement, ils sont morts…», soupire, Petrica Farcas avec un sourire. Ce Rom, âgé de 45 ans et qui en paraît dix de plus, est revenu de France en début d’année dans le cadre d’un «rapatriement volontaire» organisé par l’Anaem (Agence nationale d’accueil pour les étrangers et lesmigrations). Une fois arrivé en Roumanie, l’Etat français l’a aidé à ouvrir une petite affaire. «L’aide est de 3 600 euros et on bâtit un projet avec eux, mais ils ne touchent pas directement l’argent», affirme Titel Cosean, responsable de l’ONG Kelsen. Mais quel type d’affaire peut-on développer avec des gens qui sont souvent illettrés et n’ont jamais exercé une activité commerciale ? «Pour la plupart, il s’agit de microprojets agricoles. On leur achète des moutons, en espérant qu’ils pourront vivre en vendant le lait, le fromage, la laine ou les agneaux. Parfois ça marche, parfois non», résume, un brin fataliste, le responsable de l’ONG.
Besoin d’argent». En ce pluvieux matin d’automne, Petrica Farcas, est assis devant sa maison du village de Uliuc (ouest), de la boue jusqu’aux chevilles. «Ce n’est pas vrai que ses animaux sont morts, glisse une voisine. Les moutons, il en avait 50, et il les a vendus.» Petrica Farcas finit par avouer. «Que voulez-vous, nous sommes 19 âmes dans la maison, nous avions besoin d’argent.» Il a profité de la somme pour acheter un cheval et une vache, ainsi que pour agrandir sa maison délabrée.

A quelques kilomètres de là, dans le village de Carpinis, Maria Mersan attend encore quelques mois avant de se décider sur la marche à suivre. Elle et son mari ont eu une quarantaine de moutons qu’ils ont confiés à un berger du coin. «Mais il nous demande de l’argent pour les garder, et cet argent nous ne l’avons pas. Je ne sais pas comment nous allons nourrir et les moutons et nous, cet hiver. Si cela ne marche pas, nous rentrons en France, car des gens de la famille y sont encore», explique la femme. «On ne peut pas les empêcher de vendre les moutons, ni de retourner en France, concède Fabrice Basile, représentant de l’Anaem. La réussite de ce projet dépend de la volonté des gens de s’investir.»

Il faudrait aussi peut-être davantage d’implication de la part des autorités locales. «Certains maires refusent d’aider les familles qui sont de retour», témoigne Titel Cosean qui ajoute : «Il y a même un responsable local qui m’a viré de son bureau lorsque je lui ai demandé que les moutons des Roms puissent accéder au pâturage communal. Le comble, c’est que ce responsable était lui-même rom !»

La réintégration n’est pas facile. Ces derniers mois, environ 800 personnes sont de retour, toutes en droit de demander de l’aide. Ces retours dits «volontaires» ont été dénoncés par des ONG comme RomEurope qui estiment que certaines familles se retrouvent dans l’impossibilité de développer un projet, faute d’accompagnement professionnel sur place.

D’un pays à l’autre. L’Etat français continuera-t-il de financer ces projets ? «Pour l’instant oui, affirme Henri Paul, ambassadeur de France en Roumanie. Mais, à l’avenir, l’aide pourrait changer de direction. Au lieu d’acheter des moutons qui leur servent de monnaie d’échange pour se construire une maison, on pourrait directement les aider à construire cette maison.» Quant au préfet du département de Timis (ouest), Ovidiu Draganescu, il concède que les autorités roumaines doivent prendre leur part de responsabilité, tout en affirmant que la question doit être résolue au niveau européen : «Ces gens voyagent à travers toute l’Europe, de Roumanie en Italie et de France en Finlande. On ne peut pas se contenter de les envoyer d’un pays à l’autre. Il faut un travail conjoint des réseaux sociaux de tous ces pays.» Mais jusqu’à présent, ce travail a du mal à s’organiser.

«Quelque 200 000 Roms, sur le million que compte la Roumanie, se trouveraient à l’étranger, affirme un haut responsable roumain. La plupart des pays européens ne veulent pas d’eux et tentent de les renvoyer. Contrairement à d’autres Etats, la France essaie de les aider pour la réinsertion. Mais ces aides sont une goutte d’eau dans l’océan et, si nous ne nous concertons pas vite, ce sujet deviendra une épine dans le pied des relations entre la Roumanie et le reste de l’Europe.»

 

Envoyé spécial à Timisoara LUCA NICULESCULi
http://www.liberation.fr/actualite/monde/289115.FR.php

Posté par Geneviev à 11:10 - Roms - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Des Roumains chassés d’Italie

Expulsions. Un décret a été adopté dans l’urgence, après une agression mortelle.

 

 

Un raid punitif. Vendredi soir, trois ressortissants roumains sont passés à tabac sur le parking d’un supermarché dans une périphérie sud de Rome. Trois jours auparavant, une femme italienne, Giovanna Reggiani, a été victime d’une agression mortelle attribuée à un ressortissant roumain d’origine rom. Dès le lendemain, pour «empêcher la bête raciste de sortir de sa cage», selon les mots du ministre de l’Intérieur Giuliano Amato, le gouvernement de centre gauche a adopté en urgence un décret musclé. Le texte autorise les préfets à procéder à l’expulsion des ressortissants de l’UE menaçant la «sécurité publique». Résultat, en un week-end, une trentaine d’expulsions concernant en majorité des Roumains. Autres mesures spectaculaires : le renforcement des contrôles de police et la destruction de campements, à commencer par celui de Tor Di Quinto, dans le nord de Rome, où logeait l’agresseur présumé de Giovanna Reggiani.

»Fermeté et légalité». Le gouvernement fragile de Romano Prodi semble avoir voulu devancer les attaques de l’opposition, en répondant immédiatement par «la fermeté et la légalité» à un fait divers tragique. Cela n’a pas empêché le leader du centre droit, Silvio Berlusconi, de dénoncer la «lenteur» de l’action du gouvernement. Le ministre de l’Intérieur se défend, affirmant que le décret approuvé mercredi «rend les mesures d’éloignement plus coercitives» et affirme qu’«on ne peut pas faire plus, vu les normes de l’Union européenne». A Bruxelles, il n’y a pas encore eu de réactions officielles. Les experts n’en soulignent pas moins que de telles mesures franchissent la ligne rouge : en effet, il n’est possible d’expulser des ressortissants communautaires qu’en «cas de menace suffisamment grave et actuelle touchant un intérêt fondamental de l’Etat». Le Premier ministre libéral roumain, Calin Tariceanu, se dit inquiet «des réactions xénophobes» contre ses concitoyens vivant dans la péninsule. Et il demande à son homologue Romano Prodi de les «protéger».

Statistiques. Plus de quatre Italiens sur cinq, disent éprouver peu ou pas de sympathie pour la communauté roumaine – près de 560 000 personnes, selon la fondation Caritas-Migrantes. Et, selon ce même sondage publié hier par le quotidien Corriere della Sera, pour 70 % des Italiens, la cohabitation avec les Roms est difficile, voire impossible. Les données de la police montrent qu’en 2006, les Roumains représentaient 15,4 % des étrangers accusés de meurtre, de violence sexuelle et de vols. Mais cela pose aussi la question de la responsabilité des médias dans le traitement des faits divers. Dans une récente tribune, Curzio Maltese, journaliste de la Repubblica, rappelait que selon les statistiques officielles, «moins de 3,5 % des viols commis en Italie sont le fait d’étrangers. Mais ils occupent entre 80 et 90 % de l’information.»

QUOTIDIEN : lundi 5 novembre 2007
http://www.liberation.fr/actualite/monde/289123.FR.php

Posté par Geneviev à 11:07 - Roms - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1