14 janvier 2008
Universités : LRU, Tous les problèmes demeurent
http://www.humanite.fr/2008-01-12_Tribune-libre_Tous-les-problemes-demeurent
Par Jean Fabbri, maître de conférences de mathématiques à l’université de Tours secrétaire général du SNESUP-FSU.
Pourquoi la bataille contre la loi Pécresse (LRU) va continuer ?
La contestation de la loi LRU ne s’est pas éteinte avec l’année 2007. Malgré toutes les annonces du gouvernement mobilisant caméras et micros sans compter, ni les étudiants ni les enseignants-chercheurs et personnels de l’enseignement supérieur n’ont vu la moindre amélioration de leurs conditions et perspectives d’études et de travail depuis des mois.
Ce n’est pas le budget 2008 qui modifie la donne après une rentrée universitaire plus morose que d’ordinaire sauf du côté de certains présidents d’université, comme aspirés dans le bouleversement institutionnel présidentialiste de l’actuel locataire de l’Élysée et de la loi LRU (loi Pécresse). Les enseignants-chercheurs et tous les personnels des universités et de la recherche sont réellement - inquiets.
Trois enjeux cristallisent le rejet de la politique universitaire du gouvernement.
Avec le plan « licence », la ministre a voulu donner le change, comme prêtant une attention nouvelle aux difficultés des étudiants à l’entrée à l’université. Pour les universitaires, acteurs de terrain, confrontés jour après jour aux problèmes d’assiduité, de motivation, de lisibilité et de cohérence des formations proposées, les annonces de Valérie Pécresse sont du vent. Contradictoirement à la fois au discours d’autonomie répété à l’envi et aux attentes d’une bonne part des étudiants, la pluridisciplinarité floue d’une première année universitaire - redéfinie par le ministère - transformée en « plate-forme de transit » ne délivre ni des contenus novateurs attendus par ceux qui sortent de l’enseignement secondaire ni de solides possibilités de construire par chacun des étudiants un authentique et singulier parcours. Enfin l’absence de toute création d’emploi pour délivrer un surcroît d’enseignement dans des conditions pédagogiques améliorées (petits effectifs, nouvelles technologies…) ôte tout crédit à ce discours.
La révision des liens entre les organismes (CNRS, INSERM, INRA, INRIA, IRD) et les universités, les menaces sur les statuts des acteurs de la recherche publique, les interrogations sur les équilibres entre les financements réguliers des laboratoires et ceux assignés à des contrats spécifiques de court terme angoissent toutes les générations de chercheurs dans toutes les disciplines. Hors de nos frontières, l’immense creuset que constitue notre système public diversifié de recherche est apprécié. Qu’il soit menacé de liquidation au profit de niches scientifiques réduites - « génopôles », nanotechnologies… - est un scandale. Les rythmes propres de la recherche, le temps nécessaire à la formation des nouvelles générations de scientifiques actifs sont totalement ignorés. Sans le formuler en ces termes, le pouvoir politique entend privilégier une logique d’institutions scientifiques (dont l’horizon emblématique est le « classement de Shanghai ») contre les logiques scientifiques singulières.
Enfin la liquidation des pratiques universitaires collégiales portées par des conseils nombreux et représentatifs (fondés sur l’élection) au profit de nouvelles hiérarchies qui imposent des alourdissements de service et des entorses aux statuts (de fait vite vidés de tout caractère protecteur) relève d’une vision idéologique entrepreneuriale très éloignée des besoins.
Après la vague de grèves et manifestations essentiellement portées par les mobilisations étudiantes de l’automne, tous les problèmes demeurent, même s’ils sont désormais éclairés sous un jour neuf. Le gouvernement a indéniablement dû communiquer « en recul » sur les questions de sélection, de financement, de service public. C’est dans la durée donc, combinant les formes externes de mobilisation (grèves, manifestations,…) et les formes institutionnelles liées à un patrimoine démocratique encore vivace, qu’il convient de mettre en échec la loi LRU. Beaucoup d’universitaires, leurs organisations syndicales, des « collectifs » diversifiés de personnalités entendent faire résonner les premiers jours de 2008 de leurs revendications. Batailles pour la science, pour la démocratie, pour l’avenir d’un pays qui souffre d’un manque d’emplois qualifiés, reconnus et payés comme tels, dans toutes les sphères de ses activités… batailles qui ne sauraient rester confinées au seul monde universitaire !
21 décembre 2007
Le syndicalisme n’est ni un crime ni un délit !
Le syndicalisme n’est ni un crime ni un délit
Deux militants de Sud étudiant Perpignan ont été interpellés à leur
domicile dès 7 heures, ce matin. Depuis, ils sont en garde à vue au
commissariat de Perpignan. Les accusations portées contre eux sont
infondées puisqu’il s’agirait de « vol, dégradation et menaces de
mort ».
D’après
l’avocat des inculpés, ce seraient des enseignant-e-s qui auraient
porté plainte directement, pour autant il est probable que les
autorités de l’université ne soient pas totalement étrangères à ces
accusations.
Ces arrestations révèlent une nouvelle fois la volonté de criminaliser les mouvements sociaux : s’il n’y a aucune preuves pour appuyer ces accusations, les forces de polices ont bien la preuve que les militant-e-s de Sud étudiant luttent depuis longtemps pour une université publique, gratuite et ouverte à tou-te-s.
Nous n’admettons pas que les autorités réservent un traitement de criminels aux syndicalistes.
Ces deux arrestations s’inscrivent dans un contexte global de criminalisation des mouvements sociaux. Le gouvernement, en réformant le droit de grève, cherche déjà à faire passer les cheminots pour des « preneurs d’otages ». Dans les universités, les administrations suivent docilement leur ministre en traitant les grévistes de « terroristes » ou « Khmers rouges ».
Plusieurs grévistes ont déjà été arrêtés dans d’autres villes, dont de nombreux syndicalistes, en particulier de Sud étudiant : à Lyon, Paris, Rennes, Montpellier, etc.
Nous demandons que les deux militants de Sud étudiant arrêtés à Perpignan soient immédiatement libérés. Nous revendiquons la fin des poursuites et l’amnistie de tou-te-s les inculpés politiques des mouvements sociaux.
Communiqué SUD-Etudiant
19 décembre 2007
Source/auteur : http://www.sud-etudiant.org/
15 décembre 2007
Universités : violences graves a montpellier 3 ENCORE le 13 décembre!!
Miossec, Poutine : même combat !
« Une honte ! », voila ce que de nombreux-ses enseignant-es, etudiant-es et personnels ont affirme ce matin, devant le dispositif de securite cense assurer le « deroulement democratique » du referendum organise par la presidence. Tandis qu’une rue entiere avait ete barree par la police, pres de 150 Gardes Mobiles (les memes qui etaient intervenus dans l’enceinte de l’Universite de Nanterre pour casser les piquets de greve etudiants avec une extreme violence) etaient stationnes non loin du bureau de vote. La section d’intervention de la police nationale et la Brigade Anti Criminalite, ceux la-meme qui ont envoye sept etudiants et etudiantes a l’hopital lundi ont de nouveau et sans raison charge les grevistes.
Avec une violence extreme (nez brise, etudiante evacuee par les pompiers apres avoir ete tabassee, personnel administratif frappe et etrangle par les miliciens de la BAC, sa camera brisee…) la police a installe un « cordon sanitaire » autour des files d’attente. Des scenes dantesques ont alors pu se derouler avec le consentement de l’administration. Des membres des Renseignements Generaux se trouvaient devant le bureau de vote, a l’interieur de l’enceinte du campus, a observer les votants. Un militant de SUD-Etudiant, voulant les prendre en photo pour condamner ces methodes inadmissibles, s’est vu soumis a un controle d’identite et a ete oblige d’effacer les cliches. D’autres etudiant-es qui patientaient dans la rue se sont vu-es pousser dans la file d’attente et oblige-es a aller voter, des policiers de la BAC observaient tranquillement les votant-es qui sortaient du bureau a quelques pas de la porte !
A l’interieur du bureau, outre la question (pour ou contre le blocage) que nous remettons en cause, des pratiques douteuses ont ete encouragees par les sbires du president. Des etudiant-es se sont vu-es refuser de mettre leur bulletin dans l’urne, et ont refuse de laisser « les democrates presidentiels » s’en charger. Aucune liste d’emargement n’etait disponible et des etudiant-es ont avoue avoir vote plusieurs fois. Certains etudiant-es, ne disposant pas encore de leur carte (doctorant-es par exemple), etaient soumis-es à un regime special : certain-es rentraient, d’autres non…
A l’heure ou nous ecrivons ces lignes nous ne disposons pas du resultat du vote, mais nous apportons notre soutien aux decisions du comite de mobilisation d’appeler au boycott du referendum, et nous remercions tous-tes les etudiant-es grevistes de ne pas avoir participe a cette mascarade sous haute surveillance (de nombreux policiers en civil filmaient les etudiant-es contestant les methodes intolerables de la police…). Quelque soit les resultats, nous ne considerons ce referendum en rien legitime ou representatif. Voter les matraques a quelques metres des urnes, ce n’est pas notre conception de la democratie !
Nous appelons donc les enseignant-es, etudiant-es et personnels a rejeter les methodes autoritaires et dangereuses du président de l’Universite Paul Valery, et par la-meme a rejeter ce referendum. Nous les appelons a se rendre nombreux et nombreuses en Assemblee Generale, seule organe legitime des luttes universitaires, pour decider ensemble des modalites de lutte et d’action qui nous permettrons d’obtenir l’abrogation de la LRU.
SUD-Etudiant Montpellier
http://lille.indymedia.org/spip.php?article11389
En savoir plus - articles et vidéos de la violence policière : KLIK
Lyon-II : violences policières et résistances
http://www.humanite.fr/2007-12-14_Societe_Lyon-II-violences-policieres-et-resistances
14 décembre 2007
Après une semaine de quadrillage policier, la faculté a retrouvé son calme pour poursuivre la mobilisation face aux mesures gouvernementales.
Envoyée spéciale.
Ce
jeudi, au lever d’un jour, au ciel plombé balayé par le vent du Nord,
l’université de Lyon-II, que ce soit à Bron ou sur les quais du Rhône,
avait retrouvé une sérénité apparente. Pas un car de CRS, pas de
gendarmerie mobile, des étudiants qui parlaient mémoires beaucoup plus
que loi Pécresse. Depuis lundi, la police a déserté la fac, les cours
ont repris, les assemblées générales, qui ont réuni six cents
personnes, ont appelé au maintien de la vigilance. La situation est
normale, selon le président de l’université.
Florian et Pascal, syndicalistes à la Fédération syndicale unitaire et à SUD, s’ils ont échappé à la comparution immédiate et été laissés en liberté, vendredi dernier, restent sous le coup d’une mise en examen pour « violences volontaires sur agents ». Ils passeront devant le tribunal le 10 janvier. Pendant trois jours, la semaine dernière, la police est intervenue contre les grévistes avec une violence qui a atteint son paroxysme jeudi, quand un étudiant a été gravement blessé à la tête et que, sur indication des vigiles, les policiers ont poursuivi les deux syndicalistes.
Au début du conflit, le président de l’université avait demandé un vote électronique sur la poursuite du mouvement, refusé par la Commission informatique et libertés. Il a, ensuite, organisé un vote à bulletins secrets avec le choix entre la reprise des cours et la fermeture administrative, ce qui, en dernier ressort, interdisait toute réunion et signait la fin de la grève. Les syndicats FSE, SUD, CNT ont appelé au boycott, tout comme les « antibloqueurs », qui auraient préféré respecter la règle du jeu des assemblées générales. L’UNEF a, elle, appelé à participer au vote. Il y a eu 15 % de votants. Pour le président, il n’y avait rien à dire sur le déroulement de l’opération et les manifestants devenaient des fauteurs de trouble à l’ordre public. D’où l’appel aux « forces de l’ordre ».
Depuis le début du mouvement, la présidence avait installé des services de sécurité privés. Une enseignante témoigne : « Des vigiles privés, très jeunes, non assermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent. Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l’université en montrant notre carte "cumul" (une carte magnétique d’étudiant ou d’enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de paiement dans l’enceinte de la fac… ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup). Il semble bon de rappeler qu’une université est, selon la loi, un "établissement public à vocation scientifique et culturelle". » Et ce n’est pas la moindre de ses dénonciations. Les enseignants ont été nombreux, en effet, à ne pas apprécier les méthodes, refusant de faire cours ou les faisant à l’extérieur, d’autant que le SNESup non plus ne veut pas de la loi.
Hier, les étudiants de la FSE avaient rejoint la manifestation qui a réuni plus de mille jeunes des lycées professionnels contre les expulsions du territoire des jeunes majeurs étrangers. « C’est une convergence de luttes, nous avons besoin de tisser des liens, expliquait Samy. Nous n’avons pas gagné contre la loi Pécresse, mais la résistance étudiante n’a pas été laminée, comme l’aurait voulu le gouvernement. Et cela, dans les circonstances actuelles, c’est déjà une victoire. »
Émilie Rive
Universités: ça coince et ça bloque encore
Par Yann Guégan (Rue89) 01H25 15/12/2007
Si la plupart des blocages ont été levés, les actions continuent sur certains sites. Le point à Lille, Montpellier et Lyon.
Des CRS qui occupent une fac et empêchent les étudiants d'y entrer: la scène, à front renversé, s'est déroulée dans les locaux de l'université de Lille III jeudi soir. La fièvre étudiante est largement retombée au plan national, et le gouvernement peut miser sur les vacances d'hiver pour éteindre les derniers feux du mouvement. Mais plusieurs sites sont toujours mobilisés contre la loi sur l'autonomie des universités.
LIRE L'article : http://www.rue89.com/2007/12/15/universites-ca-coince-et-ca-bloque-encore
13 décembre 2007
Lyon 2 s'enfonce ts les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans une logique policière qui m'inquiète profondément
Mercredi 12 décembre 2007
LETTRE OUVERTE ENVOYEE SUR LA LISTE DE DIFFUSION DE LA COORDINATION NATIONALE DES PERSONNELS MOBILISES.
Par Alice Verstraeten, Université Lyon II.
Bonjour à tous,
Ma fac (Lyon II) s'enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui m'inquiète profondément. Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s'auto censurent ou se font censurer.
Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation cet été par le président de la fac, Monsieur Journès. Certains étudiants et enseignants s'opposent à cette loi. Les étudiants ont choisi le blocage de l'Université comme mode d'action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ai rendu service aux manifestants et à leur image mais aujourd'hui, à la limite, peu importe. On a, pour l'instant, dépassé ce débat.
Depuis quelques jours, le président de l'Université a fait appel aux "forces de l'ordre" : des vigiles privés, très jeunes, non asermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué "sécurité". Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l'Université en montrant notre carte "cumul" (une carte magnétique d'étudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte... de paiement dans l'enceinte de la fac... ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup).
Il semble bon de rappeler qu'une Université est, selon la loi, un "établissement public à vocation scientifique et culturelle"...
Les étudiants qui manifestaient scandaient à l'encontre des vigiles, hier matin: "Voyous, racailles." Car certains d'entre eux s'amusent à retenir les étudiantes pour les draguer, d'autres en sont venus aux mains avec des étudiants de leur âge, une étudiante a été "étranglée" avec son écharpe pour qu'elle dégage un passage.
A l'entrée principale du campus de Bron, et rue Chevreul sur le campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais de Rhône. Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile.
J'étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes m'avaient dit avoir été "molestées" par les CRS la veille et voulaient que j'en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête.
Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l'autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d'être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS. Ce qui signifie, nous sommes d'accord, qu'un travail préalable "d'information" a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux.
Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd'hui même (donc : il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu'ils sont "extérieurs à l'Université" et que ces arrestations sont survenues après des troubles. Il n'y a pas eu de troubles autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs enseignants à en être témoins.
Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball.
Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme sur mon campus : de "type méditerrannéen", il porte une grosse doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans l'autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants. S'ils ont effectivement été convoqués par le président de l'Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d'entrer dans la fac, pourquoi filment-ils ? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des membres du personnel de l'université ?
De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer. Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité., Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire cours. Je refuse d'entrer dans une fac investie de forces de police, de gendarmerie et de vigiles privés non asermentés. Je refuse de montrer des papiers d'identité pour me rendre sur mon lieu de travail. Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse d'entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis du sac en cuir typique de l'enseignant, pourtant plus honorable que moi dans l'allure avec ses cheveux blancs) en lui disant "J'vais t'fumer toi, j'vais t'fumer."
Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l'on avait le droit de grève dans notre pays.
Je crois que ce qui m'inquiète le plus, c'est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la situation est désormais "normale".
SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DEMISSIONNE.
D'autre part, pour permettre l'action des ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et étudiants s'obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu'ils risquent purement et simplement, en cas d'incendie, c'est de brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes.
Je joins à ce message la "Lettre ouverte à la présidence de Lyon 2" rédigée par des enseignants (datée d'avant hier 5 décembre et déjà dépassée par les événements d'hier), ainsi que le dernier message de la présidence elle-même, pour que vous puissiez juger vous-même de la mauvaise foi, du mépris et des ronds de jambe du langage qui se banalisent dans notre environnement politique et médiatique.
Ce message est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin.
Alice Verstraeten,
http://cmp-upv.blogspot.com/2007/12/lyon-ii-senfonce-tous-les-jours-un-peu.html
10 décembre 2007
[Cntait-info] CAEN, TOULOUSE, PARIS : ANALYSES SUR LA FIN DES BLOCAGES
Deux analyses sur la fin des blocages :
TOULOUSE : QUAND LE MIRAIL DEBLOQUE
http://anarced.over-blog.org/article-14442525.html
Jeudi 6 Décembre, l’université du Mirail est débloquée à
environ 700 voies contre 600. Le blocage n’aura tenu qu’un
mois et voilà déjà venir la gueule de bois : petit
mouvement, échec total.
Bien sûr, l’UNEF se réjouit de la levée des piquets et
prétend qu’on a gagné parce que Sarkozy a promis des
milliards ! Je me demande s’il existe des étudiants assez
naïfs pour croire qu’ils vont en voir la couleur ? Dans les
quartiers, on nous a fait le coup il y a quelques années :
dans le cadre des Grands Projets Urbains puis des Grands
Projets Villes, les politiques annonçaient des milliards et
des milliards pour réhabiliter les quartiers. Chez les uns,
les murs fissurés du sol au ciel se sont écroulés sous le
vent, chez les autres, les remontées des égouts dans les
caves continuent d’empester au moins jusqu’au deuxième quand
on a pas l’odorat trop sensible... On ne se demande pas dans
les poches de qui a atterri tout cet argent…
Heureusement, les syndicats « de lutte » sont là ! L’AGET,
SUD-Etudiant, les Vignoles nous rassurent le soir même en
comité de lutte : le mouvement continue sans les piquets, on
ira jusqu’au bout, il y a une AG mardi, on va la préparer,
on va faire des interventions dans les amphis, on va
remettre les piquets et si c’est pas mardi, ce sera jeudi,
il faut croire dans le mouvement, il faut y croire, il faut
nous croire… Mais qui y croit ? Ils nous prennent vraiment
pour des prunes !
L’échec et les causes de l’échec sont à peine abordés et là,
l’explication est toute trouvée : « le problème, c’est les
autonomes. » Quelle analyse ! Quelle perspicacité ! Dans la
bouche de certains, la mauvaise foi est sans limites et
atteint des sommets : les autonomes ne seraient bons qu’à
tout salir et à chier partout, ils seraient coupables de
toutes les dégradations et, de surcroît, particulièrement
violents. Il est question d’ « exclusion » et même d’ «
interpellation » ! La police politique est bien là et les
syndicats « de lutte » sont à deux doigts de mettre en place
un tribunal pour juger si tel ou tel non-encarté aura le
droit de participer aux AG ou aux comités de lutte…
Il aura fallu attendre le déblocage pour que les masques
tombent et que les choses soient dites enfin clairement. Le
problème des syndicats « de lutte » est qu’ils ne tolèrent
pas que des étudiants et des étudiantes préfèrent rester en
marge de leurs structures, ils ne supportent pas que
certains préfèrent s’auto-organiser et pire prendre des
initiatives qui respectent les mandats de l’AG mais qui
n’ont pas été supervisées par leur comité central.
Derrière des accusations mensongères ou, en tout cas,
profondément déformées et amplifiées, c’est donc d’une
attaque politique dont il s’agit et c’est un clivage aussi
vieux que la révolution qui nous divise entre d’un côté le
centralisme et de l’autre le fédéralisme. Les leaders
syndicaux veulent absolument tout contrôler et se sentent
menacés dès qu’ils ne savent plus qui a préparé le café
tandis que nous pensons que pour que le mouvement
s’amplifie, un maximum d’initiatives autonomes doivent être
librement entreprises dans la seule limite du respect des
mandats de l’AG et que cela ne doit pas être combattu mais,
au contraire, encouragé par tous les moyens.
Comme l’expliquait déjà Rosa Luxembourg : «
L'ultra-centralisme défendu par Lénine nous apparaît comme
imprégné, non point d'un esprit positif et créateur, mais de
l'esprit stérile du veilleur de nuit. Tout son souci tend à
contrôler l'activité du Parti et non à la féconder; à
rétrécir le mouvement plutôt qu'à le développer; à le
juguler, non à l'unifier. » Ce centralisme qui a tué la
révolution russe en 1917 est encore à l’origine de notre
échec mais nous sommes quand même d’accord sur une chose :
la lutte continue.
Noël Avec Des Etoiles Gelées Eclairera,
Jusqu’En Ton Ame Incertaine Mais Enivrante…
Alors, nous sortirons de la nuit.
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CAEN : L'ORDRE EST RETABLI ...
http://cnt.ait.caen.free.fr
Comité de lutte du 3/12/07
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20 à 25 personnes débattent à propos du blocage, devenu le
point cardinal de la lutte, ça tourne en rond.
Un de la CNT-AIT :
Blocage ou pas : cela n’a plus d’importance, tant le blocage
ne sert plus la lutte. Nous n'avons nous même analysé son
impact et son effet, ni d’ailleurs constaté l’essoufflement
et l’isolement de notre action. C’est l’enlisement le plus
complet. N’en déplaise à ces puérils contradicteurs, la
présidente de l’université a parfaitement saisi la
situation. En proposant des journées banalisées, elle
reprend la main pour une sortie de crise. Certains qui ont
poussé au blocage hypothèse maintenant un risque aux
élections étudiantes. Dès lors, ils se contorsionnent en le
soutenant mais en acceptant les journées banalisées.
Pourtant, nous n’ignorons pas que ces journées banalisées
sont proposées pour obtenir le déblocage et déboucher sur
une fin de la lutte. Il faut donc proposer une "AG bilan"
permettant à tous de s’exprimer dans l’optique d’étudier les
points forts ou faibles, les erreurs, les
disfonctionnements, les magouilles et l’égotisme, afin de ne
pas reproduire une illusion de lutte. Vérifions si cela va
permettre de conserver une base mobilisable pour affronter
les nouvelles attaques prévues après les municipales. Le
bougisme bloque la réflexion. Les invectives et les
déclarations grandiloquentes révèlent une faiblesse
d’argumentation, voir un défaut d’analyse politique
AG du 4/12/07
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Une large majorité vote le déblocage
Point de vue de Diogène :
Les syndicats du personnel et des professeurs de
l’université hostiles aux blocages n’en disent rien. Les
militants les plus connus n’interviennent pas. Quelques
courageux défendent encore le blocage. Mais il n’y a pas
l’ombre d’une analyse sur l’impact du blocage. Au final,
seul un militant de l’UNEF fera une analyse du blocage en
concluant : je l’ai voté. Maintenant, il nous discrédit.
L’après-midi, 2000 personnes défilent dans la ville. Des
poubelles et des pneus brûlent. Les pompiers ne peuvent
intervenir. Les gardes mobiles gazent et ils font reculer la
manifestation jusqu’à l’université. Là, nouvelle flambée,
les gardes mobiles prennent à revers la manifestation. Tout
le monde s’est réfugié sur l’esplanade du phœnix. La
franchise interdit aux gardes mobiles d’y pénétrer. Face à
face, quelques quolibets pleuvent. La manifestation
s’amenuise petit à petit. L’ordre est rétabli.
AG du 6/12/07
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Echanges sur les journées banalisées. Il faudra insister
pour qu’il ait un bilan de la lutte. Le blocage (le négatif
: les dégradations et le peu d’investissement des pro
blocages - le positif : l’augmentation du nombre des
personnes dans les AG du mardi) et le fonctionnement de la
lutte seront abordés. Cela entraînera des propos vifs, des
réponses gênés et des franches explications.
L’après-midi 2000 personnes ont répondu présente pour cette
manifestation qui bifurquera devant le siège du patronat.
Les mobiles se sont cantonnés à distance.
Comité à 18 h :
Peu de monde, ça discute sur la manifestation.
Point de vue de Diogène :
Je crains que le bilan dont l’objectif était un recadrage
pour permettre de mieux continuer la lutte ne soit suivi
d’aucun effet. Cela va nuire à maintenir un mouvement de
lutte.
Les réalités sont niées par une espèce d’exaltation
gauchiste, un jusqu’au boutisme.
Par exemple : vouloir rebloquer et signaler la fatigue ou la
nécessité de produire ses devoirs scolaires, alors qu’il n’y
a pas de relève pour bloquer ou prendre part à la lutte.
C’est comme de vouloir que d’autres étudiants s’impliquent
mais sans analyser le pourquoi et le comment d’un si faible
investissement de la part de la masse étudiante
sympathisante du mouvement.
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PARIS : SOLIDARITE FACE A LA REPRESSION
Un étudiant en garde à vue : les étudiants de la Sorbonne
exigent l'arrêt des poursuites judiciaires.
Le 16 novembre, suite à une décision de l'Assemblée Générale
du 15 novembre, les étudiants mobilisés de la Sorbonne se
sont rendus au Conseil d'administration de Paris IV. Ce
conseil devait avaliser sa nouvelle composition, dans le
cadre de l'application de la loi LRU alors même que les
décrets d'applications de cette loi ne sont pas encore
promulgués !
La présidence de Paris IV a fait appel à la police qui a
évacué les étudiants manu militari et a procédé à
l'arrestation arbitraire d'un étudiant. Celui-ci après avoir
été accusé de dégradation de biens publics a été relâché.
Le jeudi 6 décembre un autre étudiant de Paris IV a été
convoqué au commissariat du 5ème arrondissement à 10 heures.
Il s'y est rendu et a été placé en garde à vue, celle ci a
été prolongée de 24 heures, il y était encore ce vendredi 7
décembre à 17 heures. Il doit passer demain matin au
tribunal de grande instance de Paris suite à une plainte
déposée par le rectorat pour dégradation de biens publics
dans un bâtiment classé.
Une délégation de personnels enseignants et non-enseignants
et d'étudiants s'est rendue au rectorat afin d'exiger le
retrait de cette plainte. Après avoir inspecté la porte
soi-disant dégradée, la délégation a constaté l'absence
totale d'une quelconque dégradation.
Cet étudiant risque jusqu'à 4 mois de prison avec sursis,
pour un délit qui s'avère inexistant.
Nous dénonçons cet acte qui n'a d'autre but que de réprimer
le mouvement étudiant en cours.
Nous exigeons le retrait de la plainte et l'arrêt des
poursuites.
Les étudiants de la Sorbonne mobilisée.
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Actualité de l'Anarcho-syndicalisme
http://liste.cnt-ait.info
http://cnt-ait.info
Contact@cnt-ait.info
Universités : Etat de la mobilisation, toutes les nouvelles
31 universités totalement ou partiellement en grève avec piquets de grève bloquants (ou fermés administrativement) : Tolbiac, Censier, Clignancourt, Malesherbes, Javelot, Paris 8, Nanterre, Rouen, Tours, Nantes, Le Mirail, Toulouse 3, Pau, Lyon 2, Montpellier 2, Université Montpellier 3] Montpellier 3, Lille 3, Limoges, Brest, Amiens, Nancy 2, Grenoble 1, Grenoble 2, Grenoble 3, Orléans, Reims, Saint-Etienne, Valenciennes, Poitiers, Nice, partiellement, et Angers.
6 universités sont en grève avec piquets de grève les « journées de mobilisation » : Le Mans, Chambéry, Lorient, Marne-la-Vallée, Clermont-Ferrand, Villetaneuse.
Universités où le personnel a voté la grève reconductible : Le Mirail, Lille 1, Censier, Paris 8, Marseille Saint-Charles, et Reims.
décembre, la grève avec blocage a été reconduite à Reims, Lille 3, Nanterre, Rouen, Lyon-Bron, et Nice. Le blocage a été voté à Malesherbes et à Angers.
Université avec demie-journée de banalisation (Mardi et jeudi après midi) : Caen.
A suivre pour les jours suivant de cette semaine
http://eurowiki.com/lru/index.php?title=Accueil
le lundi 10 décembre 2007 à 01h02
http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=91488
08 décembre 2007
Bertrand Monthubert, président de l’association Sauvons la recherche (SLR),
« On ouvre la voie aux guérillas universitaires, aux magouilles, au copinage »
Pour Bertrand Monthubert, président de l’association Sauvons la recherche (SLR), « les médias ont mal traduit le sentiment du monde universitaire sur la loi Pécresse, en donnant la parole aux présidents d'université » qui se voient confier des pouvoirs exhorbitants, porteurs de nombreuses dérives. Il dénonce la « responsabilité extrêmement grave qu’a pris le pouvoir politique » en n'ouvrant pas le dialogue à l'université: « On encourage les formes les plus radicales de contestation ».
La nouvelle pétition contre la loi LRU lancée par Sauvons la recherche, Appel pour une autre réforme du service public d'enseignement supérieur et de la recherche a été signée par 16.000 personnes. Une autre pétition est à signer en ligne «les présidents d’université ne parlent pas en notre nom ».
Ecouter et lire sur libé contre journal : http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/12/bla-bla-quest-c.html
07 décembre 2007
Sauvons la recherche : pétition pour une autre réforme du service public d’enseignement supérieur et de recherche.
Vous avez signé il y a quelques semaines une pétition de Sauvons la
recherche au sujet du contrôle génétique de l'immigration. Nous vous
recontactons aujourd'hui au sujet d'une nouvelle action lancée la
semaine dernière : un appel pour une autre réforme du service public
d’enseignement supérieur et de recherche. Vous trouverez le texte de la
pétition ci-dessous, et nous vous invitons à le signer et à le diffuser
autour de vous (y compris sous forme papier en téléchargeant le fichier
sur notre site) :
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1772







